Depuis sa création, le label Divine Comedy situé à Marseille et tenu par Fabrice Billard, est véritablement une maison de disques des plus impressionantes en termes de qualité et d’originalité des artistes signés (à mettre par exemple aux côtés d’un Ant-zen ou d’un Adnoiseam), que cela soit en terme de musique industrielle/noise ou de Dark/ambient.
Au fil des années, chaque sortie devient un événement où l’on découvre une nouvelle forme d’approche de l’exercice de composition et de l’arrangement, et qui au final fait apparaître une dimension artistique toujours plus surprenante. On peut citer des artistes tels que « Empusae, Hiv+, Lambwool, Land », et bien d’autres qui représentent parfaitement cette vision de l’art musical.
« Invocations » de Sigma Octantis ne faillit pas à la règle.
L’écoute de ce disque ne peut laisser aucun auditeur indifférent tant il est accrocheur, surprenant et déstabilisant. Voici 54 minutes qui s’écoutent d’une traite, et qui vont vous emporter bien loin d’un quotidien, pour vous amener dans un univers totalement inconnu où la perte de repères et d’habitudes est totale.
Un univers où se rencontre :
- mélodies mélancoliques, cf « Contre l’horizon » qui joue le rôle d’ouverture où l’auteur nous incite à plonger dans son monde, le magnifique « Echos : les chimères » très romanesque, ou encore les claviers à consonance spectrale de « Pour les choses à venir »
- atmosphères ethniques voir chamaniques, un peu à la manière de This Morn Omina ou d’un Herman Klapholz, mais avec un degré plus mystique cf « Possibilités du dialogue » « Spindrift » ou encore « Misère et Convultion »
- ambiances plus sombres, plus graves voir martiales comme « Molles Avalanches », ou encore « Ab Irato » assez surprenant et difficile à décrire.
Chaque auditeur aura une approche différente de ce disque. L’univers créé par l’auteur est tel qu’il laisse place à de nombreuses interprétations possibles et imaginables, bien qu’une trame principale se dégage de l’ensemble, où l’on imagine un esprit tourmenté par ses choix et ses réflexions se situant entre un passé et un futur très abstraits.
Que cela soit d’un point de vue purement musical, Sigma Octantis apporte un vent de fraicheur et d’originalité au Dark/Ambient, par la richesse de ses compositions et une exploitation du spectre des fréquences des plus subtiles.
Mais c’est bien dans sa dimension « artistique » que ce disque va marquer les esprits, tellement on a l’impression qu’il s’agit plus d’une conceptualisation d’un roman ou d’un mythe, que d’un exercice purement esthétique.
Autant pour une oreille entraînée que pour un novice, ce disque pourra surprendre n’importe quel auditeur curieux et avide de nouveauté.
mario 51